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Vendredi 16 mai 2008
Alors qu'on n'a jamais autant parlé de l'importance du marché des jeux vidéo, donnant même à la sortie de GTA IV une couverture médiatique d'une dimension inouïe, force m'est de constater qu'aucune console de jeux ne trône chez moi. Vous me direz, je n'ai pas non plus (non pas encore mais bien pas non plus) vu BIENVENUE CHEZ LES CH'TIS (et ne compte pas y aller). Oui, je sais, le rapport me semble aussi assez mince, mais bon, j'écris selon mon humeur.
En fait, si j'ai pensé davantage aux jeux vidéo c'est en me faisant la double réflexion suivante : primo, mon agileté à la manette ne la disputant qu'à un Stephen Hawking (et encore, je m'avance peut-être), je ne suis qu'un spectateur accidentel de la pratique des jeux ; vous me direz qu'il m'est aussi possible de jouer en ligne, mais non, comme dirait l'autre, pas envie. Secundo, même si je connaissais la tendance, la prégnance de plus en plus flagrante de leur univers dans celui du cinéma commence réellement à devenir une composante incontournable. Certes, il y avait déjà les films inspirés de jeux, et les jeux adaptant les films. Mais il y a désormais les films qui, sans s'en réclamer ostensiblement, transpirent du jeu vidéo comme d'autres des phéromones.
Je ne prendrai que deux exemples : DOOMSDAY et JUMPER.
Dans DOOMSDAY, l'excellent film de divertissement de Neil Marshall, immortel auteur du meilleur film de loup-garous (DOG SOLDIERS) cette influence prend aussi, chemin faisant, la tangente de l'hommage appuyé.
Dans un avenir proche, un rétrovirus virulent "oblige" les autorités britanniques à mettre l'ensemble de l'Ecosse en quarantaine derrière de hauts murs défendus par l'armée. Trente ans plus tard, la réapparition du rétrovirus "oblige" les autorités à envoyer une équipe derrière les murs pour tâcher de trouver le remède.
Là, alors que rien n'a encore commencé, c'est déjà 28 DAYS LATER qui rencontre ESCAPE FROM NEW-YORK. Mais le jeu vidéo, déjà implicite dans le scénario (mission hasardeuse et rebondissements en cascade annoncés) se renforce par la présence, à la tête de l'équipe, de Rhôna Mitra. Cette comédienne, ancienne mannequin, fut initialement envisagée pour tenir le rôle de Lara Croft dans son adaptation au cinéma. Et forcément, même si elle n'est pas en short, elle apporte une crédibilité et un charisme à son personnage que les fans du jeu apprécieront.
Non seulement notre héroïne va devoir affronter des méchants, échapper à des poursuites, utiliser différents véhicules et armes, mais elle va aussi traverser des univers multiples.
Ainsi, l'entrée dans la zone de quarantaine évoque un space-opéra avant de tourner à la MAD MAX avant de devenir un western avant de devenir... et j'en passe et des meilleures. Car l'impression de passer d'un niveau de difficulté à un autre, de changer ainsi de cadre et de mission, les séquences londoniennes Londres servant d'animatics est bien réelle.
Néanmoins, même sans être un joueur, DOOMSDAY se révèle un spectacle haletant, surprenant, un bon putain de film de Neil Marshall, bien meilleur que la série des Resident Evil.
Dans JUMPER, le film de Doug Liman, sur lequel je m'attarderai moins, le héros est un adolescent qui se découvre la capacité à se téléporter où il veut et qui la met à profit pour, en bon Etatsunien rompu aux vertus du libéralisme, se remplir les poches en vidant les banques et en se payant ensuite du bon temps, ne s'arrêtant pas un instant pour prendre ses responsabilités.
Le héros de jeu vidéo, à l'heure où ceux des comics ont du succès au cinéma, ne pense qu'à sa pomme. Enfin tout cela jusqu'à ce qu'il découvre qu'il n'est pas le seul à posséder ce don et qu'une sorte de secte, avec à leur tête un Samuel Jackson à cheveux blancs plus impressionnant que jamais, qui depuis des siècles traquent les "jumpers" au motif qu'ils sont des abominations au regard de Dieu. Dès lors, le héros va essayer de leur échapper.
Film adolescent pour adolescent, JUMPER est très agréable à regarder, bluffant par moments, mais assez creux en soit dans la mesure où, par exemple, on n'en apprend pas assez sur cette histoire de secte et ses ramifications. Cela sent l'histoire vite montée, sans plus de souci de donner un arrière-plan crédible.
Enfin, je rajouterai un troisième film auquel je n'avais pas tout de suite pensé : THE MIST de Frank Darabont.
Adaptation par Darabont d'une novella de King assez inspirée de Lovecraft, le film nous raconte l'épopée d'un groupe de personnes pris au piège dans un supermarché après qu'un brouillard aussi dense qu'inattendu ne se soit répandu dans leur ville. Le problème, on le comprend vite, c'est qu'il y a des choses dans ce brouillard, et qu'elles ne sont pas amicales.
Le film fait ouvertement référence, outre à Lovecraft, aux jeux basés sur l'angoisse, je pense par exemple à Silent Hill qui fut par ailleurs adapté au cinéma par Christophe Gans. Rien, jusqu'à la conclusion dont il ne faut rien dire, ne vient déranger la logique dramatique de l'histoire qui devient de plus en plus hystérique. On pourra regretter la dimension eschatologique donnée à la situation en la personne de la folasse qui voit là la fin des temps annoncés par l'Ancien Testament mais n'oublions pas où cela se déroule.

 
 
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